L’histoire des Sucres de Tirlemont

Cette année, nous existons depuis déjà 190 ans. Envie d’une touche sucrée ? Il suffit d’ouvrir l’armoire de cuisine : sortir les Sucres de Tirlemont et préparer quelque chose de délicieux en un rien de temps. Une crêpe avec la Cassonade Graeffe, un café avec un Morceau Dur, un morceau de gâteau avec du Sucre de Betterave Fin…

Mais derrière cette simplicité du quotidien se cache une longue histoire. Le chemin vers le sucre que nous connaissons aujourd’hui s’étend sur des siècles, porté par le travail et la passion de générations entières. Des cultivateurs qui font pousser avec soin les betteraves sucrières dans les champs, aux hommes et aux femmes des usines qui les transforment, en passant par les esprits inventifs qui ont sans cesse développé de nouveaux procédés et produits. Ce qui fut autrefois une innovation révolutionnaire est aujourd’hui devenu si évident qu’on n’y prête presque plus attention.

Le miel, la canne à sucre et le sucre de betterave

À la préhistoire, les humains découvrent le miel comme premier édulcorant, bien qu’il reste rare et coûteux. Vers l’Antiquité (±500 av. J.-C.), la première forme de sucre issue de la canne à sucre (« sarkara ») apparaît en Perse. Au VIIe siècle, les Arabes perfectionnent et diffusent cette technique. Au Moyen Âge, le sucre arrive en Europe et est importé via des villes commerçantes comme Bruges, puis plus tard Anvers.

En 1575, l’agronome français Olivier de Serres découvre que les betteraves sucrières contiennent un jus ressemblant fortement à un sirop sucré. Une découverte intéressante, mais qui ne suscite guère d’enthousiasme à l’époque : le sucre de canne afflue encore facilement en Europe grâce au commerce maritime.

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Merci, Napoléon !

Tout change radicalement en 1806, lorsque Napoléon Bonaparte instaure le blocus continental contre la Grande-Bretagne. L’approvisionnement en sucre de canne s’interrompt soudainement et l’Europe doit faire preuve de créativité. La modeste betterave sucrière se retrouve alors sous les projecteurs : ce qui n’était qu’une curiosité devient la clé de l’autosuffisance. L’industrie sucrière européenne reçoit ainsi un formidable coup d’accélérateur, grâce à un peu d’histoire… et une pincée de nécessité.

La naissance des Sucres de Tirlemont

De petites sucreries poussent alors comme des champignons, presque chaque village possédant la sienne. Mais en 1836, un acteur majeur entre en scène : la Raffinerie Tirlemontoise.

Le 16 mai, Joseph Vandenberghe de Binckom et Pierre Van den Bossche introduisent une demande de permis de construire auprès de l’administration communale de Tirlemont. L’autorisation est accordée, marquant officiellement la naissance de la Raffinerie Tirlemontoise.

Ce qui commence modestement grandit rapidement. À la fin du XIXe siècle, l’usine est devenue une entreprise de taille moyenne solidement implantée. Grâce à des innovations intelligentes et à des avancées techniques, la production augmente de manière spectaculaire : de 7 000 tonnes en 1894 à pas moins de 62 000 tonnes en 1913. Et l’expansion ne s’arrête pas là : le sucre de Tirlemont s’exporte à l’étranger tandis que l’entreprise rachète progressivement d’autres sucreries belges.

1902 : l’invention du morceau de sucre

Aujourd’hui, laisser fondre un morceau de sucre dans son café paraît naturel. Pourtant, il faut remonter au début du XXe siècle pour en retrouver l’origine. Avant cela, on utilisait surtout des pains de sucre qu’il fallait casser en morceaux, peu pratique au quotidien. Vers 1900, on cherche donc une solution plus simple, et c’est à la Raffinerie Tirlemontoise qu’elle voit le jour.

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L’invention revient à Théophile Adant, contremaître qui développe et fait breveter le morceau de sucre en 1902. Après quelques améliorations pratiques, il concrétise son idée et, vers 1905, les premiers morceaux durs apparaissent déjà dans les magasins. Une petite invention qui apporte un grand confort jusqu’à aujourd’hui.

1919 : la betterave et ses sous-produits

L’innovation est une constante chez Les Sucres de Tirlemont. En 1919, la Raffinerie Tirlemontoise franchit une nouvelle étape intelligente : au-delà de la production de sucre, elle mise pleinement sur la valorisation de la betterave sucrière et de ses sous-produits.

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Désormais, rien ne se perd. Toute la betterave est utilisée. Ce qui reste après la production du sucre trouve une seconde vie, notamment comme aliment pour le bétail ou amendement des sols. Une forme précoce de durabilité, bien avant que le terme ne devienne à la mode.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Raffinerie Tirlemontoise continue à jouer un rôle majeur dans les innovations de l’industrie sucrière. L’entreprise contribue notamment à l’amélioration de la sélection des semences et à l’optimisation de la culture de la betterave.

1953 : la reprise de Cassonade Graeffe

En 1838 apparaît un nom qui résonne encore aujourd’hui : Karl Graeffe. Cet entrepreneur allemand, installé plus tard à Bruxelles où il devient « Charles », quitte un emploi stable dans une banque, alors même qu’il a huit enfants à charge, pour tenter sa chance dans la jeune industrie sucrière. Un pari risqué : son entreprise frôle même la faillite.

Pourtant, Graeffe persévère. Doté d’un grand sens social et d’une remarquable ténacité, il développe une cassonade à la texture et au goût uniques, fondée sur une recette soigneusement gardée. Son nom devient une référence, qui perdure lorsque la Raffinerie Tirlemontoise reprend l’entreprise en 1953 et conserve le nom emblématique « Graeffe ».

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Le développement de notre célèbre logo en T

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Dans les années 1960 apparaît pour la première fois le fameux T blanc sur un paquet de sucre de Tirlemont. Une seule lettre, simple et épurée, mais immédiatement reconnaissable. Le design est associé à Lucien De Roeck, qui réussit à créer un symbole intemporel.

Au fil des années, le T connaît quelques retouches discrètes : d’une lettre blanche sur fond rouge à ses débuts à la version bleue familière d’aujourd’hui. De grands changements ? Volontairement évités. Seuls quelques raffinements, comme une ligne d’ombre ajoutée en 2001, apportent une touche de fraîcheur. Résultat : une icône synonyme de qualité et de confiance depuis des générations, reconnaissable au premier coup d’œil, même de loin.

Le Sucre Perlé

Saviez-vous qu’il n’existe que deux usines au monde produisant du sucre perlé ? Nous en faisons partie. Depuis la Belgique, nous exportons cette spécialité vers de nombreux pays européens, mais aussi vers des destinations plus lointaines comme la Corée du Sud, l’Australie ou l’Afrique du Sud.

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Notre sucre perlé était d’abord longuement produit dans l’usine d’Oreye, dont Les Sucres de Tirlemont sont l’actionnaire principal depuis 1936. Initialement dédiée au sucre de betterave classique, l’usine se réoriente vers la production de sucre perlé.

En 2016, avec la construction d’un nouveau « Sugar Hub » à Tirlemont, toute la production y est centralisée. Cela permet un processus plus efficace et optimisé. Aujourd’hui, nous produisons cinq types différents de sucre perlé, principalement destinés à l’industrie (de la gaufre et de la boulangerie).

La rainure du morceau de sucre

Le premier morceau de sucre apparaît dans les magasins en 1905, mais près de 90 ans plus tard, il connaît un relooking. Depuis 1995, nos Morceaux Durs sont sécables, grâce à Henri Casseau. Alors qu’il travaillait à l’usine de Tirlemont, il découvre la rainure qui permet de casser facilement chaque morceau en deux. Cela paraît simple, mais le processus qui a mené à cette solution ne l’était pas.

Le morceau devait être facile à casser tout en continuant à bien se dissoudre dans les boissons chaudes. Henri s’attelle au projet avec détermination, utilisant un sucre extrêmement fin et raffiné. Finalement, nos Morceaux Durs cassables arrivent sur le marché.

Schets Henri Casseau, klontjes van Tiense Suiker

Depuis, le morceau de sucre classique n’est plus seul. Aujourd’hui, de nombreuses variantes sont produites à Tirlemont : des pratiques Mini Cubes au format réduit aux amusants Lucky 4 aux formes originales. Des morceaux de sucre de canne font également partie de la gamme. Et pour ceux qui surveillent leur consommation de sucre, Ti’Pleasure propose une alternative à base de sucralose, idéale pour savourer le goût sucré avec moins de calories.

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Nous continuons à innover

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Aujourd’hui encore, nous misons pleinement sur l’innovation. Dans nos usines, nous cherchons en permanence des moyens de réduire davantage nos émissions de CO₂. Ainsi, en 2023, nous avons investi à Tirlemont dans une nouvelle tour d’extraction plus économe en énergie, et en 2025, nous avons fait partie des premières sucreries européennes à mettre en service une pompe à chaleur industrielle.

Dans les champs aussi, nous regardons vers l’avenir. Nous étudions de nouvelles techniques visant à améliorer la santé des sols et à réduire l’utilisation d’engrais minéraux. Pour cela, nous collaborons étroitement avec des instituts scientifiques (comme le KBIVB), qui recherchent en continu des améliorations dans la culture de la betterave. Sur nos parcelles d’essai (PIBO & Longchamps), nous menons différentes expérimentations et, grâce à des mesures ciblées chez nos agriculteurs, nous pouvons vérifier si nous avançons effectivement dans la bonne direction.

Nous innovons également au niveau des produits. Notre Sucre Brut de Betterave local est unique en Belgique et reflète parfaitement les valeurs de la Raffinerie Tirlemontoise : une innovation savoureuse dans le respect de l’humain et de la nature. Les consommateurs choisissent de plus en plus consciemment des produits et ingrédients régionaux. Parce que nos betteraves sont cultivées et transformées localement, notre Sucre Brut de Betterave constitue une alternative authentique et locale au sucre de canne.

L’eau des betteraves

Saviez-vous que les betteraves sucrières sont composées à environ 75 % d’eau ? À la Raffinerie Tirlemontoise, cette eau reçoit une seconde vie : elle est réutilisée encore et encore dans le processus de production. Pourtant, chaque année, une énorme quantité d’eau purifiée, l’équivalent d’environ 400 piscines olympiques, retourne dans les ruisseaux et les rivières. Nous nous sommes dit qu’il était possible de faire mieux. Avec De Watergroep et le projet « New Water », nous franchissons une nouvelle étape : purifier davantage cette eau pour la rendre potable.

Cela vous semble un peu futuriste ? Peut-être. Mais en 1900, on pensait aussi cela du morceau de sucre. Il y a donc fort à parier que, dans quelques années, vous boirez sans même y penser un verre d’eau… fabriquée à partir de betteraves sucrières. Et rassurez-vous : elle a tout simplement le goût de l’eau !

Illustratie van een waterkraan aangesloten op een suikerbiet